PrésentationRévision

Réviseur : qu’est ce que c’est ?

Je ne sais pas vous, mais ça me fait toujours sauter au plafond…

Commençons par le début : qu’est-ce qu’un réviseur (parfois appelé « réviseur correcteur », « réviseur linguistique » ou encore « réviseur d’épreuve ») ?

Voyons la définition du CNTRL :

Réviseur, reviseur, subst. masc.

Personne qui révise, qui revoit après une autre. Réviseur de traductions. Réviseur de comptes (Ac. 1935). Impr. ,,Celui qui fait la révision des épreuves«  (Ac. 1935). [ʀevizœ:ʀ], [ʀə-]. Ac. 1718: re-; 1740-1835: ré-; dep. 1878: re-; Littré, Rob.: ré-; Lar. Lang. fr.: ré- ou re-. Supra prononc. 1resattest.

a) 1567 « celui qui révise » (Junius, Nomencl., p. 338 ds Gdf. Compl.),

b) 1659, 21 déc. « celui qui fait la révision d’un ouvrage » (J. Chapelain, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 2, p. 72),

c) 1690 terme de chancellerie apostolique (Fur.),

d) 1701 « juge commis pour revoir un procès » (ibid.), de réviser, suff. -eur2*.

l s’agit d’une personne qui « révisera » un texte, dans plusieurs contextes possibles :

https://www.cnrtl.fr/definition/r%C3%A9viseur

Il s’agit d’une personne qui « révisera » un texte, un ouvrage, ou tout document que l’on veut lui soumettre afin de garantir la cohérence du texte, la bonne syntaxe, une terminologie adaptée et une orthographe impeccable.


Pour quels types d’ouvrages ?


Dans l’absolu, n’importe qui peut faire appel à un réviseur. Le métier est peu connu, s’adressant le plus souvent aux auteurs, entreprises, milieu universitaire, etc.

Voici une liste non-exhaustive de ce qui peut être soumis à révision :

  • Livre
  • Traduction
  • Document officiel
  • Billet de blog
  • Descriptif d’entreprise
  • Lettre
  • Site Internet

Comme on peut le constater, c’est assez varié. Le but étant d’avoir à l’arrivée un document « parfait ».
On ne parle pas d’une réécriture, mais d’une possible amélioration sur ce qui peut l’être. Le réviseur se doit de respecter le style du texte source, de choisir la terminologie adaptée s’il y voit une incohérence ou un terme mal employé.
Il pourra cependant décider (conjointement avec l’auteur) de remanier en profondeur certains passages s’ils ne sont pas clairs pour la compréhension.


Comment devient-on réviseur ?

Les multiples facettes du réviseur 😉


Il y a plusieurs parcours possibles : anciens traducteurs, amoureux de la langue française, concours de circonstances…
Rares sont ceux qui ont dès le début su qu’ils voulaient exercer ce métier !
Cela fait partie des professions non-réglementées : n’importe qui peut se lancer et exercer, au même titre que les traducteurs.


Y a-t-il des prérequis ?


Oui et non. Je m’explique :
Comme nous l’avons vu jusqu’ici, il n’y a pas de diplôme nécessaire et quasiment n’importe qui pourrait se lancer si l’aventure le tente. Cependant, il y a des qualités essentielles à avoir :

  • Discernement
  • Rigueur
  • Flexibilité
  • Organisation
  • Curiosité
  • Perfectionnisme

Existe-t-il des formations spécifiques ?


Il en existe oui, pour la plupart dispensées au Canada.
Cela s’explique par le fait que ce sont d’ardents défenseurs de la langue française, et font tout pour la préserver au mieux (même si d’un point de vue franco-français cela pourrait s’apparenter à du fanatisme, nous avons je pense beaucoup de choses à en apprendre et devrions être les premiers concernés par cette démarche… Ce sera l’objet d’un autre billet).

En France, celles qui s’y prêtent le mieux seront en cursus universitaire : Sciences du langage, LLCE (voire LEA), traduction, linguistique.

Un bon point de départ peut être les universités elles-mêmes, les associations de traducteurs (étroitement liées aux réviseurs), et ce qui peut paraître surprenant mais s’avérer une mine d’information : les groupes sur les réseaux sociaux.


Je suis intéressé(e), mais ne me sens pas capable d’exercer en indépendant…


S’il est beaucoup plus simple de se lancer en tant qu’indépendant, ce n’est pas pour autant une promenade de santé !
On ne voit souvent que les bons côtés d’être indépendant : la liberté des horaires, du lieu d’exercice, ainsi que le fameux : « j’ai envie je travaille, j’ai pas envie, je travaille pas et reporte à plus tard ».

Cela peut parfois être vrai (avec quelques nuances tout de même), il ne faut cependant pas perdre de vue qu’être indépendant va bien au delà des compétences requises pour exercer dans votre « coeur de métier » :
il faut avant tout savoir gérer le côté administratif, la négociation avec le client, le respect des délais impartis… Et avoir des compétences commerciales ! Car c’est avant tout savoir se vendre, vendre ses compétences, se mettre en valeur (sans surjouer bien entendu) afin de faire mouche et… Décrocher des clients.
Tant que l’on a pas une base solide de clients, on passera beaucoup plus de temps à prospecter, gérer les à-côtés : on avance une proportion de 60-40, voire 70-30 (gestion de l’entreprise/exercice du coeur de métier).
Il est bon d’en avoir conscience avant de se lancer.

Si vous avez pesé le pour et le contre et savez que vous êtes excellent à votre métier mais ne souhaitez pas vous encombrer du reste, il reste la possibilité d’une place en entreprise.

Cependant la quête risque d’être longue : les places sont rares, le métier étant peu connu et mis à mal par l’immédiateté ambiante.
À titre d’exemple : les grands journaux qui employaient des réviseurs ont pour la plupart cessé d’y faire appel… Depuis le début des années 90. Cela ne va pas assez vite, et coûte « trop cher ». Ce que l’on constate de plus en plus, notamment sur les chaînes d’information en continu ! De plus en plus de fautes d’accords, de typos, d’usages impropres…

Il faudra s’armer de patience dans le meilleur des cas, ou envisager de s’expatrier si vous vous sentez l’âme aventurière (ou autre… 😉 ).


Si après la lecture de ce billet vous êtes séduit et pensez avoir les qualités requises, je ne peux que vous encourager à creuser davantage !
Les ressources ne manquent pas, et la recherche fait partie intégrante de l’ADN du réviseur : tapez des requêtes sur Google, recoupez les informations, faites des tests (certains sites en proposent), perfectionnez-vous, entraînez-vous… Et tapez à toutes les portes ! Les opportunités sont parfois cachées là où on s’y attend le moins…


Quelques liens utiles :

https://www.reviseurs.ca/sites/default/files/principes_edition2014.pdf
https://www.reviseurs.ca/fr/joignezvous/testez/index.html
https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/plus-on-est-de-fous-plus-on-lit/segments/entrevue/10114/proulx-dupont-leroux-gardien-de-la-norme-reviseur-linguistique