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Qualité, rapidité ou prix au rabais ?

Vous pouvez n’en choisir que deux !

Le fameux « You can pick two dilemma » ou « Project Management Triangle » auquel nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre.

Quelque soit le domaine, il s’appliquera d’une manière très simple :

  • Je veux quelque chose de rapide et de qualité : alors il ne faudra pas regarder au budget.
  • Je veux quelque chose de rapide et peu onéreux : la qualité va en pâtir.
  • Je veux quelque chose de qualité et peu onéreux : ça prendra du temps.
  • Je veux les trois : vous recherchez le mouton à 5 pattes (si vous trouvez, dites-le moi !)



Pourquoi ?

On parle toujours de « rapport qualité/prix ». Je ne sais pas vous, mais personnellement je suis prête à mettre un peu plus pour un produit qui aura une meilleure qualité globale, tout comme je suis prête à attendre un peu plus longtemps pour quelque chose de qualité à prix très correct.

Reprenons les points cités précédemment :

Rapidité + Qualité

Tous les traducteurs vous le diront : si vous voulez quelque chose d’une qualité professionnelle dans un délai très court, vous devrez voir votre budget à la hausse.
Il est d’usage pour les tâches qualifiées « d’urgentes » d’appliquer une majoration, à la discrétion du traducteur.
Il peut s’agir de 25%, 30% et même atteindre 50% s’il s’agit d’un travail urgent de nuit et/ou un week-end.


Rapidité + peu onéreux

Vous pourrez certainement trouver un traducteur qui acceptera votre projet pour un taux bas, mais soyons honnêtes : des délais réduits et une rémunération basse ne sont pas les conditions rêvées pour produire un travail de qualité. C’est donc la donnée qui en pâtira : le travail de recherche terminologique ne pourra pas être mené en profondeur, les relectures nécessaires seront peut-être bâclées…
De plus, il y aura fort à parier que la personne débute (je ne leur jette pas la pierre, nous l’avons tous été 😉 ). Ce sera certainement la raison principale qui poussera la personne à accepter de travailler dans ces conditions.


Qualité + peu onéreux

Un traducteur sera ravi de vous fournir un travail irréprochable ! Cependant, il se peut qu’il ait d’autres projets en cours et le vôtre n’étant pas dans la fourchette haute, il passera après les projets prioritaires et/ou urgents. Cela sera donc réalisé dans les règles de l’art, mais avec un délai plus long.


Définir les priorités



En tant que client, vous avez des attentes et des priorités. À vous de définir ce qui sera le plus important :

Qu’avez-vous à faire traduire ? Petit, gros document ?

De combien de temps disposez-vous ?

Quel est votre domaine ? Est-ce généraliste ou faites-vous partie d’une niche/d’un domaine pointu ?

Selon vos réponses, vous choisirez plutôt un traducteur qu’un autre. Certains sont généralistes, d’autres auront un domaine de prédilection, quand d’autres auront 2-3 domaines différents d’expertise.
Bien évidemment, les tarifs appliqués ne seront pas les mêmes selon la spécialisation du traducteur (je n’aborde pas les tarifs concernant les paires de langues, qui varieront eux aussi selon la rareté).

Quid des agences de traduction ?

Je ne l’ai pas évoqué jusqu’à maintenant, mais il y a également les agences de traduction.
Elles gagnent en popularité : tarifs compétitifs, rapidité, garantie de relecture par un traducteur expérimenté…
Elles semblent avoir la recette miracle à tous les besoin de traduction.
Certaines se spécialisent même dans quelques domaines : juridique, financier, informatique…

Quelle est leur stratégie ?

Rassembler les 3 points évoqués plus haut : qualité, rapidité et tarif défiant la concurrence.

« Mais vous nous avez dit que ce n’était pas possible ! »

Et je le maintiens.
Le seul cas où c’est possible s’apparente à de l’exploitation.

Je m’explique :
Prenons par exemple la paire anglais > français. La moyenne se situe à 0,10 centimes le mot, sachant que beaucoup pratiquent 0,08 centimes le mot.
Ceci est le tarif appliqué pour des clients « directs » : de traducteur à client, sans intermédiaire comme une agence.
De là, il est simple d’en déduire que lorsqu’une agence vous facture 0,08 centimes du mot, ils doivent faire leur marge : ce sont les traducteurs qui en subissent les conséquences.


Il ne faut pas perdre de vue que c’est une profession non réglementée : chacun fixe son prix à sa convenance.


À qui faire appel ? Traducteur freelance ou agence ?



Les deux ont des avantages : tout dépend de vos besoins, ainsi que de vos envies.
Le métier de la traduction est vaste et souvent méconnu.


Selon le volume que vous aurez à faire traduire, une agence peut être préférable : ils se chargent de trouver les traducteurs nécessaires dans leur base de données, vous épargnant ainsi le temps de recherche et de négociation car vous n’avez qu’un seul interlocuteur.
Ils bénéficient également d’une grande visibilité.


On peut également faire un parallèle : l’artisanat ou les grandes entreprises.
Certains préfèrent la proximité et être en contact direct avec leur traducteur : il y a une relation de confiance, on connait bien le client et ses attentes. C’est beaucoup moins impersonnel.

D’autres se tourneront vers les agences : gros volumes, plusieurs langues à traiter, pas assez de temps pour démarcher individuellement les traducteurs…


En résumé

Il est délicat de faire un choix et il faudra laisser un paramètre en suspend : tout dépendra de vos priorités.

J’ai cependant gardé le meilleur pour la fin…
Notre mouton à 5 pattes pourrait être à portée de main si l’on décide de concilier les 3 aspects :

Garder un standard de qualité

Planifier vos besoins à l’avance afin d’avoir des délais raisonnables

Accepter un taux dans la moyenne (ni trop, ni trop peu)

Ainsi il sera possible pour le client d’avoir globalement un meilleur investissement, le traducteur se sentira valorisé et reconnu.

On atteint alors un juste équilibre qui satisfera les deux parties.

J’espère que cet article vous aura permis d’y voir un peu plus clair sur les enjeux de la traduction 😉